HISTORIQUE de l’ILE d’OLERON

 

 

Voici une île qui se prénomme Oléron, la plus vaste des îles métropolitaines françaises après la Corse :

- 35 km de longueur

- 12 km dans sa plus grande largeur

- 34 mètres à son point culminant (à la dune de Saint Trojan)

- 90 km de côtes

- une superficie de 175 km2

- 19 000 habitants permanents).

Elle est demeurée de ses origines à la Seconde Guerre mondiale un site stratégique très convoité, qui se trouve inclus tant dans le système de défense des côtes de Vauban, que dans le mur de l'Atlantique.

Les communautés religieuses, implantées très tôt à Saint Georges, au Château ou à Saint Denis, y ont développé salines et vignobles, qui devaient faire sa richesse.

Dès le 12ème siècle en effet, l'île vend ses produits à l'Angleterre et aux pays du Nord de l'Europe et son expérience du commerce permet à ses hommes de loi de concevoir le premier code maritime européen : les rôles d'Oléron, que complète le coutumier d'Oléron.

La douceur de son climat et la beauté de ses plages ont attiré dès la fin du 19ème siècle quantité de touristes. Toujours nombreux, ceux-ci sont aujourd'hui conquis par ses villages aux maisons basses, ses paysages dégagés parcourus par de pittoresques petites routes, ses vastes forêts, ses plages de sable fin, ses petits ports, marais et chenaux, devenus le domaine des ostréiculteurs.

 

 

 

LE PONT

 

 

Le pont de l'île d'Oléron, inauguré en 1966, est resté jusqu'en 1988 le plus long  pont de France, date à laquelle le titre lui a été ravi par le pont de l'île de Ré.

Il relie au continent la plus grande île française de la côte atlantique, deuxième île du littoral métropolitain après la Corse.

 

3027 mètres de longueur (2862 mètres entre culées, sans les rampes d'accès), le pont-viaduc jette ses 46 travées sur le Coureau d'Oléron, mince détroit qui sépare l'île de la pointe du Chapus du continent (Bourcefranc-le-Chapus) à l'île (Le Château-d'Oléron) au lieu-dit Ors. Il a été terminé le 19 mars 1966, après dix mois de travaux, sans aucun accident de travail mortel. Le pont viaduc d'Oléron transporte également en son sein l'eau potable (dans une canalisation de 60 cm), l'électricité et le téléphone. Sa conception, un pont à poutres, aujourd'hui répandue, était à l'époque de sa conception révolutionnaire. Signe des temps et des Trente Glorieuses dont il constitue l'un des symboles, sa construction a été marquée par des grèves pour réclamer ... davantage de travail, les ouvriers étant payés au nombre d'heures.

 

Caractéristiques du pont d’Oléron :

Longueur totale : 2862 m

Portées principales : 4 x 80 m

Longueur des travées : 28.75 m - 7 x 39.50 m - 59.25 m - 26 x 79 m - 59.25 m - 9 x ¤39.5 m - 28.75 m

Poids des voussoirs : 42 t à 73 t

Épaisseur du tablier : 2,50 à 4,50 m

Largeur : 10,60 m

Hauteur : 23 m (point culminant)

Chaussée de 7 m pour les voitures, 2 pistes cyclables et 2 trottoirs

Tirant d'air : 23 mètres

45 piles de section rectangulaire

24 900 m3 de béton, 2 700 tonnes d'acier

160 ouvriers, 25 mois de travaux

Achèvement le 19 mars 1966

Inauguration le 21 juin 1966

Construit par l'entreprise Campenon-Bernard

Coût : 45 millions d'euros (39 000 000 francs de 1965)

 

 

 

FORT BOYARD

 

En 1808, l'Empire vient de subir deux défaites, l'une en Espagne, l'autre au Portugal.

Le Général Dupont et son état-major rentrent à Rochefort. La ville y abrite, sur les rives du Fleuve Charente, l'un des ports français les plus actifs.

La flotte anglaise renforce sa pression sur les îles et sur le littoral atlantique.

Lorsque le 12 avril 1809, l'escadre destinée à secourir les Antilles est anéantie aux portes du Département, dans la rade de l'Ile-d'Aix, Fort-Boyard sort à peine des eaux.

La protection d'un des principaux arsenaux de France.

Situé à mi-chemin entre l'Ile-d'Aix et l'Ile-d'Oléron, Fort-Boyard a été conçu pour protéger la rade de l'Ile-d'Aix et l'Arsenal de Rochefort.

Il vient renforcer le système de défense édifié le long du littoral et sur les îles de l'actuelle Charente-Maritime. Napoléon avait décidé que le fort serait élevé aux portes d'un des plus précieux arsenaux de l'Empire, sur le banc de sable de la longe de Boyard 

 

Un projet né au XVII ème siècle :

La protection militaire de l'Arsenal de Rochefort apparaît essentielle dés l'achèvement de sa construction, en 1666. Le banc de sable est repéré, étudié, sondé. La profondeur et la nature des fonds font l'objet de relevés détaillés. Sébastien Le Prestre de Vauban, futur Commissaire Général des Fortifications du royaume (1678), fait bientôt connaître au Roi Louis XIV son point de vue :

"Sire, il serait plus facile de saisir la lune avec les dents que de tenter en cet endroit pareille besogne, l'enrochement du cuirassé de pierre".

Au tout début du XIX ème siècle, une Commission, composée d'Officiers du Génie et de la Marine, et d'ingénieurs des Ponts et Chaussées, remet un projet à Napoléon.

Il s'agit de bâtir un cuirassé de pierre sur un enrochement.

L'ouvrage proposé à la forme d'un anneau de pierre elliptique, long de 80 mètres, et large de 40 mètres environ. Il est construit sur 3 niveaux et comporte des casemates et une cour intérieure. L'établissement de Boyardville, à la pointe nord-est de l'Ile-d'Oléron, est aménagé. Les magasins de matériaux, les ateliers et les logements des ouvriers y sont regroupés. Les travaux d'enrochement du fort débutent, en 1804, à un peu plus de 5 mètres de profondeur. Un plateau de 100 mètres de long sur 50 mètres de large doit établir l'édifice.Les difficultés rencontrées par les architectes et par les ouvriers sont innombrables. L'enrochement s'affaisse sous le poids de la construction. De violentes tempêtes, telles que celles qui ravagèrent le littoral entre 1807 et 1808, détruisent une partie des travaux.La présence de la flotte anglaise constitue, en outre, une menace permanente. Elle retarde le chantier et cause parfois d'importants dommages.

Le chantier est trop coûteux. L'Empereur décide de réduire les dimensions du futur Fort-Boyard. En 1809, les travaux reprennent sur la base du projet revu et corrigé. Ils seront vite interrompus : la destruction de l'escadre de Rochefort par les brûlots anglais met un terme à ce nouveau chantier.

 

Trente ans plus tard, sous le règne de Louis Philippe, le regain des tensions qui opposent la France et l'Angleterre donne une nouvelle impulsion à la construction du Fort. Les travaux reprennent.

Le socle de Fort-Boyard sera édifié entre 1837 et 1848. Il s'élève à 2 mètres au-dessus du niveau des plus hautes mers. La construction du Fort proprement dit allait encore durer plus de dix ans.

Le rez-de-chaussée est achevé à la fin de l'année 1852. Il accueille les magasins à poudre et à vivre, les cuisines, les latrines. Les magasins et les citernes pourront assurer deux mois d'autonomie à 250 hommes.

De petits escaliers intérieurs s'élèvent vers les futurs étages de l'édifice. Un long escalier s'ouvre bientôt sur l'océan.

Le premier niveau du fort est construit en 1854. Des chambres y sont aménagées. Un dernier étage est édifié.

En 1857, la plate-forme supérieure et la tourelle de la vigie sont terminées.

Fort-Boyard connaît encore, jusqu'à l'aube du second millénaire, un siècle et demi de combats contre la mer et de lutte contre les attaques militaires, les pillards et l'oubli.

Son armement est renforcé. Il reçoit 74 pièces d'artillerie. Le Génie Maritime décide la construction d'un brise lame et d'un havre de débarquement à 2 jetées.

Au milieu du XIX ème siècle, l'artillerie rayée triple la portée des canons. Les batteries établies sur l'Ile d'Aix, au Fort de la Rade, et sur l'Ile d'Oléron sont bientôt capables de croiser leurs tirs. Elles suffisent à protéger la Rade et la porte rochefortaise du Département.

Dépourvu de valeur défensive, Fort Boyard devient, à la fin du second Empire, une prison militaire. Les soldats prussiens et autrichiens de la guerre de 1870 y sont détenus. Les prisonniers politiques de la Commune, en partance pour la Nouvelle Calédonie, leur succéderont.

A la veille de la Première Guerre Mondiale, le vaisseau de pierre est sur le point de sombrer dans l'oubli.

Il s'est considérablement détérioré, et devient la proie des pillards. En 1950, son inscription à l'Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques le sauve d'une forme moderne de défaite. Un particulier l'acquiert en 1961. C'est finalement le Conseil Général de la Charente-Maritime qui en devient le propriétaire, et met en lumière la mémoire de Fort-Boyard.

Fort-Boyard allait devenir, au XX ème siècle l'un des plus célèbres sémaphores de la télévision française.

 

 

 

LA COTINIERE

 

La Cotinière, pour approcher les métiers de la pêche.

Le port de pêche de La Cotinière, sur la côte ouest de l'île d'Oléron, au centre de la côte sauvage, est un but de promenade qui réjouira toute la famille, petits et grands.

Nous vous recommandons vivement de réserver, pendant votre séjour sur la côte atlantique, un après-midi pour profiter du spectacle coloré et de l'animation du port de La Cotinière.

Un grand parking aménagé tout près du port entre l'église et la mer permet de se garer sans trop de difficultés.

Sur le quai, les marins et les mareyeurs s'affairent au milieu des touristes émerveillés; contraste entre ceux qui travaillent et ceux qui sont en vacances.

 

La pêche à la sardine :

Le déchargement des sardines est particulièrement spectaculaire et fait la joie des amateurs de photos et de video.

La sardine était autrefois une des principales pêches de La Cotinière.

La pêche à la sardine a été récemment relancée et la sardine de La Cotinière est même maintenant valorisée sous forme de sardines à l'huile en boîte, préparées pour les consommateurs qui recherchent un produit de haute qualité.

De juin à septembre, les bateaux de La Cotinière ramènent chaque jour plusieurs centaines de kilos de sardines.

Elles sont déchargées puis triées et mises en caisses directement sur le quai pour le plus grand plaisir visuel des vacanciers.

 

La criée :

Mais la sardine n'est qu'une des activités de La Cotinière à côté de la pêche des espèces nobles de poissons qui sont vendues à la criée informatisée, où on peut observer les opérations à partir d'une galerie vitrée.

On y voit défiler les bacs de poissons devant des acheteurs détendus dont les ordres sont traités par le système et les prix affichés sur un grand écran.

On est bien loin de la criée d'autrefois et de son agitation physique et verbale!

Il faut également noter que La Cotinière est le premier port de France pour la crevette.

 

La jetée :

En poursuivant la promenade après la criée, sur la jetée, d'abord jusqu'au phare de l'entrée du port et ensuite jusqu'à l'extrémité de la jetée, on a de belles vues sur l'ensemble du port et sur la plage avec en arrière-plan l'église dédiée aux disparus en mer.

 

L'église :

Cette église moderne, construite en 1967, mérite une visite.

Les vitraux et la luminosité intérieure sont propices au recueillement en mémoire de tous les péris en mer et de leurs sauveteurs

 

 

 

LE PHARE  DE CHASSIRON

 

Le premier phare de Chassiron fut bâti en 1685. C'était une tour dont l'originalité était de comporter deux feux de bois à des hauteurs différentes. Mais sa proximité des falaises et la qualité des matériaux en faisaient un bâtiment coûteux à entretenir.

Le phare actuel fut édifié dès 1834 et mis en service le 1er décembre 1836, comme l'atteste l'inscription au-dessus de la porte d'entrée.

Pour sa construction, on a utilisé du sable des dunes alentours et des pierres de la carrière de Crazanne. 189 des 224 marches sont en granit de Vendée. Les autres sont métalliques.

L'architecture du phare est sobre. C'est une tour cylindrique de 46 mètres de haut, blanche à l'origine. Ce n'est qu'en 1926 que trois bandes noires de six mètres sont peintes pour distinguer le phare de Chassiron du phare des Baleines.

Il est percé de six ouvertures ouest et six autres est.

La plate-forme est surmontée d'une lanterne éclairée par une lampe au xénon de 250 W et qui brille d'un feu à éclats blancs 10s. Sa portée est d'environ 52 km.

A côté de la tour, des constructions ont été aménagées pour abriter l'annexe de la salle des machines, la salle des moteurs et le magasin à carburant.

Le phare est automatisé, et il n'y a plus de gardien à Chassiron depuis septembre 1999. L'entretien des bâtiments et le fonctionnement de la lampe sont assurés par la DDE, l'entretien des espaces verts y est assuré par la commune de St Denis d'Oléron, ainsi que les visites (2 emplois jeunes ont été créés spécialement pour ce faire). L'accés au phare est donc devenu payant, mais il se visite tous les jours de l'année (horaires différents selon les saisons).

 

 

LA CITADELLE

 

La Citadelle fut construite en 1630, un peu à l'est du château fort d'Alienor d'Aquitaine qui fut alors démoli. C'était sous Louis XIII. La direction des travaux fut confiée à Monsieur d'Argencourt. Les armes de Richelieu sculptées, croît-on, sur les murs de la porte d'entrée, à l'intérieur, permettent de penser qu'il termina le travail un peu après la mort du Cardinal vers 1641.

Sous Louis XIV, Colbert délaissa Brouage, port en déclin, au profit de Rochefort qu'il fit littéralement sortir du sol (premier port militaire de France). Il fallait protéger Rochefort contre les incursions anglaises.

Colbert envoya dans l'île le Chevalier de Clerville et lui fit donner le gouvernement d'une enceinte flanquée de redans et de petites courtines. Après sa mort, ce travail fut conduit par Combes jusqu'en 1688. L'année d'après, Monsieur Ferry en fait raser une partie. Il fit construire du côté de la ville un ouvrage à cornes et une demi-lune placée dans la gorge de cet ouvrage. Puis s'éleva du côté des marais un autre ouvrage.

Plus de 7000 ouvriers y travaillèrent et parmi eux des paysans amenés de force sous l'escorte de prévôts de plus de trente lieues. Beaucoup moururent de fatigue et de chagrin. Des sauniers du Château, de Dolus, et de Saint-Trojan signent un engagement de travail (avec chevaux). On bâtit encore vers 1690 une demi-lune. Vers 1695, les chemins couverts et les Glacis furent terminés.

Quelques temps après, on forma une enceinte où fut comprise la ville. Vers 1741, le pont dormant était refait et en 1742 toute la façade et la porte d'entrée.

La citadelle résume, à elle seule, les qualités des ouvrages de Vauban : Beauté, équilibre, audace et puissance

 

 

 

SAINT TROJAN LES BAINS

 

 

Histoire de Staint Trojan les Bains:

Aujourd'hui, la commune Saint-Trojan est plus connue pour son mimosa, la douceur de son climat et ses belles plages de sables fins. Mais au début du XXe siècle, la renommée de Saint-Trojan était aussi assurée... par ses producteurs d'oignons. C'est grâce à la création de jardins familiaux, dans le secteur des Bris, où les parcelles, régulièrement inondées par la mer, étaient propices à cette culture, que les premiers oignons purent être produits. L'oignon tressé de Saint-Trojan acquit très vite une belle renommée sur les foires de la région.

Aujourd'hui, la plupart des jardins familiaux ont disparu au profit des résidences, et on ne cultive plus d'oignons.

Et de résine...

La forêt de Saint-Trojan-les-Bains abritait au siècle dernier de nombreux résiniers, venus pour la plupart des Landes pour exercer leur métier. La résine récoltée, une fois distillée, servait à fabriquer de l'essence de thérébenthine. Après la guerre, cette activité s'arrêta, l'essence de thérébenhine étant fabriquée de manière synthétique.

L'ONF propose des sorties en forêt avec un vérirable résinier qui perpétue la tradition.

 

Histoire de la station Balnéaire:

D'abord petit village de pêcheurs isolé du reste de l'île, Saint-Trojan fut l'une des premières communes à bénéficier des débuts du tourisme à la fin du XIXe siècle.

Les bains de mer sont alors à la mode, la douceur du climat et la pureté de l'air de Saint-Trojan en font rapidement une station très prisée. Villas et chalets se côtoient et rivalisent de couleurs et d'originalité. Les magnifiques maisons qui bordent encore le boulevard de la plage témoignent de l'architecture de cette époque.

 

A partir du milieu du XXe siècle, avec l'essor des congés payés, les touristes se firent de plus en plus nombreux, et les villas furent remplacées par des constructions plus modernes ou inspirées de l'habitat traditionnel oléronais.

 

Histoire du centre de center:

Saint-Trojan-les-Bains, entre forêt et océan, était réputé pour la pureté de son air vivifiant. C'est le Docteur Emmanuel Pineau qui, le premier, prit conscience de ce formidable potentiel pour le domaine de la santé. Il parle alors de Saint-Trojan comme d'un "bateau ancré en mer et balayé par les vents". En 1896, le premier sanatorium est né, inauguré par le Président de la République Félix Faure. Aujourd'hui, le Centre Hélio-Marin, lieu de soins et de rééducation, accueille des enfants et adolescents (0 à 20 ans) atteints de handicaps moteurs ou de maladies sévères comme la mucoviscidose. De 1896 à 1996, plus de 26000 enfants ont séjourné au centre.

 

Après la Première guerre mondiale, en 1918, les baraquements de la base canadienne de Saint-Trojan sont à l'abandon. Le préfet de Seine décide de les acquérir en 1920. Le préventorium de Lannelongue est né. Il est destiné à accueillir les petits enfants fragiles de Paris, qui viennent là pour une cure d'un an.

A partir de 1988, le centre ne correspond plus aux besoins de la population, et le recrutement devient difficile. Le Conseil Général de Charente-Maritime décide alors d'acquérir ces 17 hectares pour en faire le Foyer départemental de Lannelongue, qui accueille des adultes handicapés